Le sang bat contre mes tempes comme un tambour de guerre,
Mais sous ma cuirasse, la matière refuse peu a peu de suivre.
Une rage immense hurle dans mon torse,
Une flamme intacte, sauvage, invaincue,
Et pourtant, mes jambes ne sont plus que du plomb.
Je vois chaque coup arriver.
Mon esprit a déjà paré, déjà riposté, déjà fendu l'air,
Mais ma chair accuse le coup, traîne de plus en plus, accusant un temps de retard,
Et subit pas à pas ce que ma volonté avait pourtant devancé.
Mon corps n'est plus qu'une prison d'os et de chair qui s'effondre.
L’impuissance me dévore la gorge,
Une colère pure, sourde, qui hurle à l'intérieur.
Comment mon âme peut-elle être aussi vaillante,
Alors que mes genoux touchent déjà la terre ?
La brume et la sueur me brûlent les yeux.
Hors de question de sombrer sans mordre.
Je racle le fond de mes tripes, exhumant au fond de mon être
La toute dernière pulsation de mon existence.
Dans un spasme furieux, mon buste se redresse,
Un cri d'animal déchire le brouillard et ma lame s'élève,
Propulsée par le pur désespoir, une trajectoire aveugle qui tranche le vide.
Puis le fracas du monde s'éloigne.
Mon bras retombe, lourd, abandonnant l'acier dans la terre sombre malgré moi.
Le tumulte s'éteint sous une couvée de mousse et de froid.
Mon souffle se noue, brûlant, chaque inspiration devient une épreuve.
L'air me fuit, ma poitrine me déchire dans une ultime souffrance.
Mon corps rend enfin les armes,
Et la nuit prend ce qu'il en reste.
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