Je te pardonne #poesie

 Je te pardonne.

Je vois le vide dans le reflet de ton âme, perdu dans l’immensité de la brume qui t’entoure.

Je te pardonne.

Je vois que cela te rassure d’avoir trouvé un rôle dans cette immense société fourbe.



Je te pardonne.

Je suis triste pour toi de te voir t'élever qu’en écrasant les autres.

Je te pardonne.

Tu essaies désespérément de garder le rythme harassant, de trouver un souffle à travers la cacophonie et l’incohérence fétide de ce monde en feu.

Je ne te demande pas de me comprendre, cela arrivera au moment de ta perte.

Un jour, peut-être, ton âme s’éveillera, et alors ton esprit sombrera dans une déchéance mortelle pour tenter de retrouver la vie que tu lui as refusée tant de fois.

Je te pardonne.

Car ce jour-là, même si tu retrouves la vie, tu découvriras surtout l’enfer de ta conscience face à tes actes réalisés sans réflexion, avec l’audace de l’appartenance, malgré l’absence d’identité.

Je te pardonne.

Car le tumulte de ton idiotie ne doit pas troubler la paix que je ressens en moi.

Ce n’est ni par refus de marcher, ni par incrédulité face à la dégénérescence de ce monde que j’agis ainsi : cet acte est à la portée de tous.

Alors je te pardonne, car c’est le seul moyen que j’ai de trouver la paix, tandis que tu glisses cette lame à la fois brûlante et froide, entre mes côtes.

Je te pardonne, car tu n’as même pas conscience de ce que tu ôtes.

Tu n’as même pas conscience de ce que tu donnes.

Tu penses me retirer la vie, mais tu écrase la tienne. Tu penses te libérer alors que tu entraves ton âme. Regarde la mienne flotter, neuve, sans contraintes malgré elle, affranchi de l'incohérence d'un monde bien trop ordonnée.

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